VOYAGE EN PERIPHERIE


Dans le cadre du projet France 14 qui a uni 14 photographes de la sélection Arles 2006 et qui portait sur la France et son territoire, et en réponse amicale au travail de Raymond Depardon sur la France à la Chambre 20c25cm, j’ai travaillé sur les « cités » d’Iles de France. L’exposition est un regard sur ces logement de masses.

« L’important ça n’est pas la destination, mais la déambulation » (Stevenson).

La photographie est pour moi une condition mentale. J'y suis arrivé par le voyage. Inversement, la nature fixe de l'image a le pouvoir de transporter son spectateur.

Dans la riche diversité des paysages français, les banlieues restent des territoires d’ « anti-voyages ». Construites dans la hâte et dans une histoire courte, elles sont loin de véhiculer l’image consensuelle d’une France romantique. Elles sont souvent des dortoirs plutôt que des sites touristiques, des zones d’activités plutôt que les quartiers historiques.

Les formes urbaines adoptées épousent la grande échelle. Les principes de la ville classique, ont été inversés. Le bâti n'est plus la résultante du dessin de l'espace public, il ne s'insère plus dans un tissu. Émergent alors des volumes platoniciens inspirés des préceptes de la charte d'Athènes où l'espace public devient lâche et résiduel. Le plan urbain s'adapte aux véhicules motorisés et le piéton n'a plus de raison d'être.

Si le territoire a ses centres géographiques, économiques, politiques ou culturels, les banlieues en sont le centre névralgique. Fragiles comme toutes entités ayant grandi trop vite, elles nourrissent nos fantasmes et cristallisent bon nombre de questions de l’époque actuelle.

« Voyage en périphérie » est une extraspection. C’est l’histoire d’un voyage physique dans les banlieues de « ma ville » qui me semblaient hier plus lointaines que quelques grandes métropoles du monde.


Cyrus Cornut



TRAVELLING TO THE OUTSKIRTS


As part of the F14 project about France and its territory which brought together 14 photographers who exhibited at Arles in 2006, and in amicable response to Raymond Depardon’s work on France using an 8x10 camera, Cyrus Cornut presents “Travelling to the outskirts”.

“It’s not arriving that matters but getting there” (Stevenson).

Photography is a mental state for me. I came to it through travel. Conversely, the static nature of the image has the power to transport the viewer.

In the rich diversity of France’s landscapes, the suburbs remain “anti-travel” zones. Built hastily and with a short history, they far from project the image of romantic France that everyone agrees on. They are dormitory towns rather than tourist sites, business zones rather than historic areas.

Large scale is the urban form of choice. The principal of a classical city has been inversed. Constructions are no longer the result of a designed urban space, nor do they fit into the urban framework. What emerges is a series of platonic solid shapes, inspired by the points set out in the Athens Charter on social housing, where public spaces become cowardly and residual. Town planning has adapted to the motorised vehicle and pedestrians no longer serve a purpose.

Territories have geographical, economic, political and cultural centers, and suburbs are their nerve centers. They are as fragile as any entity that has grown too quickly, they nourish fantasy and reinforce a good number of questions concerning our time. “Travelling to the outskirts” is an extraspection. It’s the story of a real journey to the suburbs of “my town” that seemed to be, only yesterday, as far away as some of the world’s great cities.


Cyrus Cornut translated by Julia McLAREN

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