Chongqing, on the four shores of passing times

Chongqing municipality, People’s Republic of China, population of 34 million.

One of the world’s highest demographic and economic growth rates.

The central urban area of 15 million souls is infused by almost 300 000 newcomers every year.

Chongqing, the “Mountain City,” at the confluence of the Yangtze and Jialang Rivers, struggles to break through the fog that covers it all year long.

Heir to the displaced from the Three Gorges dam and daughter to the Beijing authorities – who upgraded her to a municipality, raising her up to the same heights as her big sisters on the East coast – Chongqing has developed at a dizzying speed. Urban forms and infrastructure have sprung up, gravity-defying, embracing the shorelines of its four banks, each of them steeply carved out by the current of the water. The speed of urbanization has outperformed overtaken the slow rhythm of the fishermen, the erosion of the rivers, the powerful hatching of the mountains.

The uninterrupted dance of the cranes and the excavators stack people ever higher in an unsettling quickness. No obstacle remains to stop the skyscrapers from surging up. They reproduce themselves almost identically, like metastases. The transport networks cross the water, pierce through the rock, and climb the hills, defiant of the power of the elements. The river has become the artery that the makes beat an economic heart that is resolutely turned towards the economic conquest of the West by way of the new silk road.

Only the banks, almost wild, resist, remaining allied with the river and its caprices. People sitting on its embankments watch it meander, watch their sightlines get blocked out and its banks grow thicker. Here and there they still cultivate a few food-producing gardens while they wait fatalistically for the last bits of bare land to disappear.


Cyrus CORNUT, 2018

Translated by Camille Bloomfield



Chongqing, sur les quatre Rives du temps qui passe

Municipalité de Chongqing, République Populaire de Chine, 34 millions d'habitants. L’une des plus fortes croissances démographiques et économiques mondiales.

L'agglomération centrale de 15 millions d'âmes se voit perfuser de près de 300 000 nouveaux arrivants chaque année.

Chongqing, la « ville Montagne », sillonnée par le fleuve Yangtsé et la rivière Jialing, peine à percer l'épais brouillard qui la recouvre toute l'année.

Héritière des déplacés du barrage des Trois-Gorges et fille des autorités pékinoises qui l'ont élevées au rang de municipalité au même titre que ses grandes sœurs de la côte Est, Chongqing s'est développée à une vitesse vertigineuse. Formes urbaines et infrastructures ont jailli défiant la gravité, épousant les reliefs de ses quatre rives escarpées et gravées par ses cours d'eau. La vitesse de l'urbanisation a pris de haut le temps lent des pêcheurs, de l'érosion des fleuves, de l'éclosion puissante des montagnes.

La danse ininterrompue des grues et des pelleteuses empile les hommes avec une rapidité déconcertante. Plus aucun obstacle n'empêche les tours de s'élancer. Elles se reproduisent presque à l’identique, comme des métastases. Les réseaux de transport traversent les eaux, transpercent les roches, gravissent les coteaux, faisant fi de la puissance des éléments. Le fleuve est devenu l'artère qui fait battre un cœur économique résolument tourné vers la conquête économique de l’Ouest par la nouvelle route de la soie.

Seules les rives, quasi sauvages, résistent et s'allient aux caprices du Fleuve. Des hommes assis sur ses berges regardent ses méandres et leurs horizons s'obstruer et ses flancs s'épaissir. Ils cultivent encore ici et là quelques jardins nourriciers en attendant avec fatalité que les derniers bouts de terres nues disparaissent.

Cyrus CORNUT, 2018

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